Murray Cornelius

Il y a encore de la place

Murray Cornelius
Il y a encore de la place
 

La table familiale sert de lieu sacré dans plusieurs de nos foyers. Les visiteurs sont toujours les bienvenus et les conversations riches vont des blagues aux sports, à la politique, au travail scolaire, à la vie spirituelle et à la bonté de Dieu. La table est un lieu d’appartenance et de sécurité, de joie et de rire. Jésus aimait la culture de la table, et les évangiles rapportent qu’il mangeait chez beaucoup de gens. En fait, son manque de discrimination dans le choix de ses partenaires de dîner lui a souvent valu des critiques. Il mangeait avec les inadaptés, les rejetés, les parias, et même les oppresseurs.

En une telle occasion, dans la maison d’un pharisien, il a raconté une parabole sur le Royaume. Il a comparé le Royaume à un grand banquet auquel beaucoup avaient été invités, mais auquel peu avaient répondu. Beaucoup d’invités ont snobé l’hôte, lui trouvant des excuses alors que la fête allait commencer. Les excuses avaient pour but d’humilier l’hôte, pensant que s’il choisissait de ne pas venir, la fête serait terminée, avant même qu’elle ne commence.

En réponse, le Maitre de la maison ordonna à ses serviteurs, non pas une, mais deux fois, de sortir et d’amener les marginalisés et les méprisés, les réfugiés et les immigrants. Son coeur s’est tourné vers ceux qui, autrement, n’auraient pas été invités au banquet.

« A son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors le maître de la maison, en colère, dit à son serviteur: ‘Va vite sur les places et dans les rues de la ville et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.’ Le serviteur dit: ‘Maître, ce que tu as ordonné a été fait et il reste encore de la place.’ Le maître dit alors au serviteur: ‘Va sur les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, oblige-les à entrer, afin que ma maison soit remplie. »

(Luc 14.21-23)

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Pendant 100 ans, nous sommes allés comme serviteurs du maître dans les rues et les ruelles, les places et les haies de ce monde, invitant les gens à la table. Les pauvres en esprit, les estropiés, les aveugles et les boiteux ont répondu. Des millions de personnes ont accepté l’invitation du Maître et sont maintenant comptées parmi les enfants de Dieu. Mais nous n’avons pas encore fini. La maison n’est pas encore pleine, il y a encore des places libres.

Alors que je réfléchis à nos 100 ans d’impact missionnaire à travers le monde, une vieille chanson de l’école du dimanche me vient à l’esprit :

« Profonde et large, profonde et large, il y a une fontaine qui coule, profonde et large. »

À partir d’une relation profonde et personnelle avec le Père, les yeux fermement fixés sur Jésus et animés par l’Esprit, nous nous sommes dispersés dans le monde, une fontaine d’eau vive. Nous avons obéi et sommes partis avec la ferme conviction que l’évangile est l’espérance du monde, la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient. Alors que nous entrons dans notre deuxième siècle, nous devons continuer à convaincre les gens des extrémités de la terre de s’asseoir à la table. Le Maître voit qu’il y a encore de la place et nous dit de continuer à inviter.

L’efficacité de notre témoignage dépend de notre engagement à accroître la profondeur de la vie de l’église et l’ampleur de notre témoignage évangélique. En tant que nation sainte réunie, nous nous tenons à la brêche et représentons le monde devant Dieu. En tant que sacerdoce royal dispersé, nous sommes porteurs de la présence de Dieu dans le monde. Nous sommes envoyés par Dieu pour offrir le shalom et inviter les gens à la réconciliation avec Dieu.

Ces deux focus, la dévotion sacerdotale du coeur et le travail vers l’extérieur où nous sommes dispersés, se servent l’un l’autre. Dans notre passion de connaître Dieu, nous embrassons le caractère du Dieu missionnaire trinitaire dont l’amour est au-delà de toute compréhension. Dans notre passion pour atteindre le monde, nous approfondissons notre marche avec Dieu quand nous rencontrons le prisonnier, l’étranger, le pauvre, la veuve, l’orphelin, le dépendant, et même ceux qui s’opposent violemment à l’évangile. Paul saisit ce lien entre l’intérieur et l’extérieur lorsqu’il prie que nous soyons « enracinés et fondés dans l’amour, que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. » (Ép 3.17-19). C’est l’amour de Dieu qui nous pousse dans le monde sans limite quant à la hauteur ou à la profondeur de son amour.

Face à la laïcité, nous ne devons pas seulement devenir une église remplie de chrétiens bien formés et en profonde communion avec Dieu. Nous devons être fidèles à la mission de Dieu dans le monde. Nous devons avoir un profond sens d’engagement avec le monde, à la fois chez nous et jusqu’aux extrémités de la terre.

Nous sommes appelés à la largeur missionnaire et à la profondeur spirituelle; à une ouverture au monde et à une intégrité et une sainteté profondes. Nous devons être culturellement pertinents tout en maintenant un enracinement dans l’évangile que nous confessons et qui a le pouvoir de sauver. Alors que nous plongeons profondément dans notre compréhension de l’amour et du caractère de Dieu, nous devons rester ouverts aux nouvelles voies par lesquelles l’Esprit nous donne de pouvoir témoigner dans le monde. L’histoire biblique célèbre la transformation de personnes de tous les horizons : gouverneurs, rois, hommes d’affaires, soldats, lépreux, aveugles : tous sont les bienvenus.

La bonne nouvelle, c’est que nous ne sommes pas les seuls à avoir la responsabilité d’inviter les gens à la table. En août, nous accueillerons des pentecôtistes du monde entier à Calgary pour la Conférence mondiale de Pentecôte. Des gens viennent de plus de 100 pays et eux aussi envoient leurs fils et leurs filles dans le monde pour inviter des gens à la table. Aujourd’hui, la mission est une responsabilité partagée.

Ensemble, nous invitons le monde à la table!

Murray Cornelius est le Directeur exécutif des Missions internationales des APDC. Il occupe ce poste depuis 12 ans. Murray et Cindy aiment passer du temps avec leurs deux fils adultes et leurs deux petits-fils.